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>> Metallica > Critique




A l'approche de l'enregistrement du nouvel album de Metallica, les premières réactions du groupe préfigurent un changement musical déterminant...

James [1990] : "Bien trop de groupes se rapprochent très près de notre style. Cela touche même les textes que nous écrivons et c'est bien gênant : c'est pourquoi nous devons avancer dans notre langage musical."

Lars [1990] : "Nous sommes très inspirés par ce nouvel LP, et je peux d'ores et déjà t'assurer qu'il sera très différent de "...And Justice For All". C'est cela qui nous excite. Nous produisons quelque chose de différent à chaque enregistrement, et ce sera à nouveau le cas pour celui-ci. Le changement nous motive et nous procure énormément de plaisir ; cela nous pousse à continuer."

Le 6 Octobre 1990, Metallica entre de nouveau dans les studios One On One, mais cette fois avec le producteur Bob Rock aux commandes...

Lars : "Pour moi, être en studio procure un sentiment entre la haine et l'amour. Quand j'enregistre, j'aime travailler le disque mais aussi le finir. Par ailleurs, certains petits points qui font partie du boulot me déplaisent parfois. Ainsi, lorsque des détails ne marchent pas aussi bien que l'on voudrait, cela devient énervant. En fait, je suis souvent d'humeur changeante pendant la réalisation de nos albums, mais cela devient toujours fantastique les derniers temps, quand on entrevoit enfin le produit fini. C'est une sensation extraordinaire, quand le travail est achevé, d'apprécier le résultat de tous ses efforts."

Le nouveau méfait de Metallica ne sera disponible qu'après une longue gestation (neuf mois de studios, l'album ayant coûté au final un million de dollars !).

Le résultat tranche nettement avec les productions précédentes. La musique se fait plus riche, un peu plus variée et une formidable énergie s'en dégage indiscutablement...

Lars : "Nous voulions vraiment retrouver cette puissance qui nous avait fait quelque peu défaut sur nos deux derniers albums. C'est une chose qui est toujours en nous lorsque nous jouons mais que nous n'avions jamais vraiment réussi à transcrire sur un album. Nous avons changé notre méthode d'enregistrement afin de pouvoir concrétiser en studio cette force que nous avons naturellement quand nous nous retrouvons tous les quatre sur scène. "...And Justice For All" n'avait pas cette pêche, "Master Of Puppets" sonnait bien mais ne possédait pas non plus la puissance que nous aurions souhaitée. C'est pour cela que nous avons décidé de modifier certaines valeurs."

Mais il faut bien constater que le speed est quasiment aux abonnés absents...

Lars : "Lorsque nous avons composé tous ces morceaux pour l'album, les titres rapides composés n'étaient pas assez bons, à notre avis. Je crois que nous avons écrit de très bons morceaux de speed dans le passé, comme "Whiplash" ou "Battery", et j'éprouve toujours énormément de plaisir à les jouer. Mais il n'est pas possible de se forcer à écrire des choses qui ne viennent pas naturellement. Je ne voudrais pas qu'un morceau speed figure sur le disque uniquement parce que celui-ci est supposé contenir des morceaux rapides. Je sais que certains de nos fans seront déçus qu'il n'y ait pas de speed sur "Metallica", mais nous ne pouvions pas en faire figurer uniquement dans le but de les satisfaire. Ce serait malhonnête."

Jason : "Nous sommes bien conscients qu'il est impossible de satisfaire tout le monde tout le temps. Certains auraient préféré que nous fassions du "Kill'em All" toute notre carrière durant."

La fée "mélodie" s'est donc penché sur le berceau du "Black Album"...

Lars : "Quelle est la différence profonde entre un riff et une mélodie ? Un riff, c'est juste une ligne de guitare, quand cesse-t-elle d'être une simple ligne pour devenir une mélodie ? Quand James a composé ses lignes de guitare, je suppose qu'il a simplement eu le don de faire des riffs qui se retiennent bien, c'est un don de composition. Nous ne nous sommes pas concertés en nous disant : allons-y, faisons délibérement un album plus mélodique. Le seul élément extérieur qui soit intervenu dans ce sens a peut-être été notre producteur, Bob Rock. Autrefois, quand nous avions ces fameux riffs, typiques de Metallica, nous les laissions tel quel. Cette fois, Bob leur a donné une certaine texture. Parfois, des petites lignes de guitare viennent s'ajouter, qu'on ne peut entendre qu'au casque, et qui font la différence. La plupart du temps, nous avons suivi les suggestions de Bob et le résultat s'avère des plus concluants.

James soigne également le chant. Certaines compos ("Nothing Else Matters", "The Unforgiven"...) le nécessitaient de toute façon...

James : "On voulait se concentrer sur les vocaux. On n'en prenait jamais vraiment le temps. [...] Dans ces chansons, on a eu plus de liberté au niveau du chant. Il a fallu que le chant prenne le dessus. Beaucoup de morceaux ont été basés sur le ligne de chant."

Les compos se font également plus courtes : exit les titres épiques à tiroirs...

Lars : "Il est important de noter que la façon dont sonne notre nouvel album découle directement de la manière dont "Master Of Puppets" et "...And Justice For All" ont été réalisés. Si ces deux albums n'avaient pas été si "progressifs", d'une certaine façon, peut-être n'aurions-nous pas produit un album tel que le nouveau. C'est une sorte de réaction à ce que nous avions réalisé jusque-là. Ce qui est fait n'est plus à faire, c'est pourquoi nous changeons de direction et tentons de nouvelles choses."

Au final, le son renouvellé de Metallica sert au mieux les hits en puissance de l'album, "Enter Sandman" en tête. Néanmoins le heavy est toujours présent, notamment avec "Sad But true" (qui par ailleurs colle parfaitement au visuel très "noir" du groupe). "The Unforgiven" et "Nothing Else Matters", titres intimistes et émotionnellement puissants, n'ont aucun mal à se tailler une place au panthéon discographique de Metallica. Enfin "Wherever I May Roam", morceau enlevé à l'ambiance électrique, parachève la liste des singles et clips de l'album. Leur nombre est tout à fait significatif du succès de "Metallica".

Ce succès est d'autant plus mérité que le groupe a eu le courage de montrer encore une fois sa nouvelle orientation musicale. Le groupe récoltera donc le fruit de ses efforts avec pas moins d'une quinzaine de millions d'albums vendus et une tournée de trois ans aux quatre coins de la planète. Le cercle des fans ne cesse de s'élargir. Ceux de la première heure commence déjà à tourner le dos au groupe, mais ce n'est pas eux qui empêcheront Metallica d'entrer dans la légende du rock !

Mais avec le temps, qu'en pense Metallica...

Lars [1994] : "Pour tous les albums précédents excepté "Metallica", j'ai trouvé des défauts ultérieurement. Il ne se passait pas six mois ou au plus un an sans que je trouve quelque chose à leur reprocher. Maintenant l'album noir est sorti depuis trois ans et je ne lui trouve aucun défaut majeur. Il sonne bien et je le ressens parfaitement. Je crois que nous avons trouvé un style qui nous convient tout à fait et qui devrait désormais être le nôtre pour un bon moment."

James [1997] : "Metallica" s'est trouvé là au bon endroit, au bon moment. Crois-moi, s'il sortait aujourd'hui, il ne se vendrait pas à 18 millions d'exemplaires dans le monde. Nous avons pris le meilleur tournant possible avec le " Black Album ", qui est le plus dense de notre discographie, car la direction que nous suivions avec " ...And Justice For All " ne pouvait nous mener nulle part. Bob Rock nous a aidés et guidés dans notre nouvelle voie."


Quelques chiffres : L'album entrera directement à la première place des charts US et le restera quatre semaines consécutives ("Metallica" sera toujours classé dans le Billboard cinq ans après !) A la fin de l'année 1991, l'album s'est déjà vendu à près de 5 millions d'exemplaires dans le monde entier. En 1998, les chiffres varient entre 15 et 18 millions d'albums vendus !

Le 25 Février 1992, Metallica est nomminé aux Grammy Awards de New York. Il y remporte le prix du "Meilleur album de heavy metal" et y joue live "Enter Sandman". A cette occasion, Lars lâchera ironiquement... "La première chose à dire, c'est de remercier Jethro Tull de n'avoir pas sorti d'album cette année." (un autre Grammy Award viendra récompensé l'album au cours du mois de février 1993).